[Fiche 09] Des réseaux sociaux alternatifs

Les deux autres fiches concernant les outils alternatifs : des outils alternatifs en ligne et des hébergeurs de messagerie alternatifs.

Promouvoir et défendre des réseaux sociaux respectueux des utilisateurs

Il ne semble pas nécessaire de rappeler les dangers potentiels de Facebook pour la vie privée tant ceux-ci sont documentés, et ce même si on configure correctement son compte. Un téléchargement de ses données devrait permettre de s'en convaincre, si nécessaire. Voir par exemple les explications du site sortir de Facebook, InternetActu.net, "la vie privée un problème de vieux cons ?", ou encore Gizmodo.fr, "pour 10 bonnes raisons de quitter Facebook"... et ce même pour les utilisateurs non-inscrits à Facebook.

Pour un internaute qui utilise fréquemment un réseau social, en changer est loin d'être évident. En effet, l'intérêt de tels réseaux est directement lié au nombre d'inscrits. Ainsi, à service équivalent ou même supérieur, beaucoup préfèrent rester sur Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram, Youtube, etc. où sont présentes un grand nombre de leurs connaissances, plutôt que de migrer vers un autre réseau plus respectueux.
Cela ne doit pas servir d'excuse, critiquer les dangers de Facebook tout en continuant d'y participer, en dévoilant sa vie privée et en travaillant bénévolement pour cette société sans chercher d'alternative a ses limites.

Pour ceux convaincus de l'intérêt des réseaux sociaux, mais qui souhaitent lutter contre cette hégémonie et utiliser des services plus respectueux des libertés des utilisateurs, le CECIL recommande les alternatives suivantes.

Diaspora, une alternative à Facebook

Le logiciel Diaspora est une alternative à Facebook. Il s'agit d'un logiciel libre, développé par la fondation Diaspora sans but lucratif et a dans sa construction même la volonté de protéger la vie privée.

Ses trois concepts clés sont la décentralisation, la liberté et la confidentialité.

L'originalité de Diaspora est qu'il s'appuie sur de nombreux petits serveurs sur lesquels les données vont être réparties de façon chiffrée.
On peut participer à ce réseau sans connaissance particulière en utilisant n'importe lequel des points d'inscription (appelés Pod) disponibles sur podupti.me.

Si l'on souhaite même éviter que ses données soient hébergées par un tiers, Diaspora permet de stocker ses propres données sur son serveur personnel (ce qui demande toutefois une compétence technique non négligeable).
De cette structure en réseau découle la multiplication des serveurs d'hébergement de Diaspora.

Les paramètres du logiciel permettent de gérer facilement ses propres critères de diffusion (quel public, durée de visibilité...), l'outil est fluide et pratique. Sa seule limite est son faible nombre d'utilisateurs actifs. En rejoignant ce réseau et en invitant ses amis à en faire de même on peut toutefois changer cet état de fait et continuer de bénéficier de cet outil sans voir ses données offertes en pâture aux publicitaires, aux data brokers et à la surveillance des États.

Le CECIL recommande d'utiliser et de soutenir le Pod de l'association Framasoft évoquée par ailleurs, qui s'appuie sur Diaspora : Framasphere.org.

N'hésitez pas : inscrivez-vous !

SeenThis et Identi.ca, des alternatives à Twitter

Twitter est un bel outil, qui dispose d'une importante communauté facilitant la transmission d'informations ciblées, permettant de signaler facilement des articles pertinents et faire connaitre des événements. Le statut public, par défaut, des Tweets limite les risques liés à une croyance dans le caractère secret de ceux-ci. Attention toutefois, ce fonctionnement public peut conduire à un changement d'échelle radical dans la diffusion des tweets.
De plus, cette entreprise collecte les données personnelles et les messages de ses utilisateurs et les exploite commercialement à des fins de traçage, de revente massive et d'établissement de profils commerciaux. Si l'entreprise semble un peu plus respectueuse que ses deux grandes soeurs, Facebook et Google, son usage conséquent lui confère malgré tout beaucoup de pouvoir.

Pour ceux qui souhaiteraient limiter ce pouvoir, des alternatives plus respectueuses existent :

Ces outils présentent des différences d'utilisation conséquentes et force est de reconnaitre qu'ils ne constituent pas encore une alternative complètement fonctionnelle, mais doivent être soutenus. Il est possible, dans une période transitoire, de les utiliser conjointement à Twitter via des "passerelles" permettant la publication simultanée sur les différentes plateformes.

Pour aller plus loin :

Fiche 9 [publiée le 1er juillet 2015, dernière mise à jour février 2016]