Un récent rapport de la cour des comptes pointe les coûts de la vidéosurveillance au regard d'une efficacité quasi nulle

Dossier(s):
Vidéosurveillance

Le rapport de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France sur la gestion de la commune de Boulogne Billancourt, rendu le 7 janvier 2011, souligne les paradoxes de la gestion publique des dispositifs de vidéosurveillance: "en dépit des sommes importantes consacrées à leur acquisition, le fait que les six premières caméras de vidéosurveillance - bien que d’implantation récente - soient aujourd’hui hors d’usage reste difficilement compréhensible. Le manque de maîtrise de ces infrastructures par la commune et l’inertie du directeur de la prévention et de la sécurité sont regrettables ; ainsi, en dépit d’un système qui n'a jamais fait l'objet d'une réception de chantier car il a été sans cesse défectueux, l’entreprise a néanmoins été payée pour une très large partie (124 156,98 € TTC sur 149 495,90 € TTC)".

Et les rapporteurs de "regretter que, malgré l’ancienneté des déploiements des caméras et du nombre de réseaux, la ville ne se soit pas spontanément engagée dans la voie d’une évaluation des moyens importants qu’elle a consacrés à cet équipement". On peut en tous cas évaluer l'efficacité du dispositif à l'aune de certains chiffres: en 3 ans, 17 réquisitions judiciaires seulement auraient été effectuées...

Le rapport précise enfin que jusqu'à "la fin de l’année 2009, trois agents étaient en charge du visionnage. Depuis le 31 mars 2010, ils sont formés à la législation en matière de vidéosurveillance". Jusqu'à cette date, ils auraient donc exercé des missions de surveillance sans qu'il ait été jugé nécessaire de leur fournir les rudiments législatifs en matière de respect de la vie privée...

À lire "L'impact de la vidéosurveillance est de l'ordre de 1%" sur le blog de Jean-Marc Manach.