Réalités du fichage ethnique: les roms seraient des "malfaiteurs d'habitude" à surveiller sans relâche selon la gendarmerie

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Fichiers

Après un contrôle des fichiers de la gendarmerie nationale destiné à vérifier l'existence (ou pas) de mentions sur l'origine ethnique des personnes fichées, la CNIL a récemment conclu qu'il n'y avait pas de fichier de cette sorte "structuré et pérenne". Elle admet en revanche l'existence, à l'Office Central de Lutte contre la Délinquance Itinérante (OCLDI), d'une "base documentaire" ne lui ayant pas été déclarée (ce qui est le cas de la plupart des fichiers de police et de gendarmerie) et n'ayant fait l'objet d'aucune autorisation par arrêté du Ministère de l'Intérieur...

Quoiqu’il en soit, force est de constater, comme le fait Franck Johannes, documents à l'appui, que la gendarmerie a, au moins jusqu'en 2004, sinon jusqu'en 2007, régulièrement utilisé la mention "Mens" qui constitue bien une caractérisation ethnique. L'auteur cite, entre autres documents internes de la gendarmerie, une note confidentiel-défense dont la teneur prête parfois à rire... jaune. On y apprend ainsi que la délinquance itinérante est “dans une très grande majorité des cas à mettre au compte des gens du voyage, qu’ils soient nomades, semi-sédentarisés ou sédentarisés”... Ou encore que "organisés en familles et clans, ils vivent pratiquement coupés du reste de la population à l'exception des relations qui leur sont profitables pour leurs activités illégales"... Bref, un document édifiant à lire absolument pour mesurer l'ampleur de la stigmatisation dont certains groupes sociaux font l'objet au nom des fantasmes qu'ils suscitent...

Voici les liens vers chacune des six pages de ce document :

Lire l'article de Frank Johannes, "CNIL : pas de “fichier ethnique pérenne” sur les Roms.