Le dernier rapport de la Cour des comptes épingle une nouvelle fois les coûts de la vidéosurveillance et son développement incohérent

Dans ce rapport, la cour des comptes s'intéresse à l'organisation et la gestion des "forces de sécurité publique". Elle y souligne notamment que si, entre 2002 et 2010, "les forces de police et de gendarmerie ont bénéficié d'un renforcement de leurs crédits et de leurs effectifs pour accomplir leurs missions", pourtant, "les résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance ont été contrastés"... Epinglant au passage l'opacité des statistiques départementales concernant la délinquance, dont la volatilité fait douter de la fiabilité, le rapport de la Cour des comptes met en cause la répartition inégale et inadaptée des effectifs de sécurité sur le territoire, et le développement "rapide mais couteux" de la vidéosurveillance en concluant que "le recours croissant à la vidéosurveillance de la voie publique ne peut se substituer à l'action des forces de sécurité étatiques." Comme le soulignent Laurent Mucchielli et Christian Mouhanna, ce rapport, qui n'a au demeurant "rien de révolutionnaire dans son contenu", constate "que la vidéosurveillance est imposée par le gouvernement en l'absence de toute évaluation indépendance et rigoureuse, qu'elle a un coût exorbitant et que l'idée qu'elle peut compenser la réduction des effectifs de police et de gendarmerie est une grosse sottise"...

Lire le rapport de la Cour des comptes.

Lire aussi Rapport de la Cour des Comptes sur la politique de sécurité : où est le problème ? par Laurent Mucchielli et Christian Mouhanna.