Le profilage des populations, du livret ouvrier au cybercontrôle

Submitted by VD on Mon, 2014-05-05 15:45
TitleLe profilage des populations, du livret ouvrier au cybercontrôle
Publication TypeBook
Year of Publication2014
AuthorsVitalis, A., and A. Mattelart
Series TitleLivre
EditionLa Découverte
Pagination250
Date Published
ISBN9782707176318
KeywordsFichiers, France
Abstract

Ce livre est paru aux éditions La Découverte. Il a été co-écrit par André Vitalis (président du CECIL et professeur émérite à l’université de Bordeaux-III) et Armand Mattelart (professeur émérite à l’université de Paris-VIII).

La révélation de l’accès aux communications des internautes par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), en juin 2013, est venue rappeler l’ampleur du fichage et du traçage numériques. Le monde d’hypersurveillance dans lequel nous vivons n’a plus rien à voir avec le Big Brother totalitaire d’Orwell. Loin d’un modèle disciplinaire, les contrôles, exercés par une diversité d’acteurs publics et privés, y sont invisibles et mobiles, de plus en plus tributaires de la participation involontaire des individus et souvent à des fins d’anticipation de leurs comportements.

Ce livre vise à cerner l’origine, les contours et la dynamique de cette surveillance post-orwellienne. À partir de la rupture fondamentale introduite au XIXe siècle par le libéralisme et les droits de l’homme, il retrace l’évolution fluctuante du couple libertés/contrôles. Au gré des crises économiques, sociales et morales, les progrès politiques et civiques ont été accompagnés par de nouveaux agencements des outils d’observation et de profilage, qui, après avoir visé des catégories particulières (vagabonds, ouvriers, migrants), ont bientôt concerné l’ensemble de la population. À cet égard, l’informatique, malgré la volonté proclamée des États d’en limiter les usages liberticides, opère une véritable révolution du contrôle. Cette mutation, qui se poursuit aujourd’hui avec l’appropriation des technologies numériques par des monopoles privés à l’échelle mondiale, va à contresens du projet de libération annoncé voilà plus de deux siècles.