En 2008, la CNIL a constaté 83% d’erreurs dans les fichiers policiers

Dossier(s):
Stic

Article de Jean-Marc Manach, lu sur BugBrother, le 21/01/2009

Les conclusions de la CNIL sur le contrôle du STIC (Système automatisé de Traitement des Infractions Constatées), rendues début 2009, sont claires: entre erreurs de saisie et absence de mise à jour des données, les fichiers de police font l'objet de négligences qui s'avèrent largement pénalisantes pour ceux que ces données concernent et stigmatisent. Le STIC, emblème d'une "dérive du fichage policier", s'est développé dans l'illégalité et les pratiques parfois "douteuses" auxquelles il donne lieu se développent hors de tout contrôle...

Les gens ont souvent du mal à comprendre en quoi ils seraient concernés par le fichage policier. C’est pourtant simple : le STIC (système de traitement des infractions constatées), sorte de “casier judiciaire bis”, recense plus de la moitié des Français.

Plus 100 000 policiers (sur les 146 116 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur) y ont ainsi accès à des données sensibles concernant plus de 28 millions de victimes, et plus de 5,5 millions de personnes mises en cause (“suspects”). Et plus d’un million de salariés peuvent perdre leur travail, ou ne pas être embauchés, s’ils y sont fichés (voir le billet que j’avais récemment écrit à ce sujet : “Futurs fonctionnaires, ou potentiels terroristes ?“).

Le problème se double du fait que ce fichier est truffé d’erreurs (voir Victimes du STIC), et que des personnes se voient ainsi licenciées parce qu’elles étaient répertoriées comme suspectes -alors qu’elles étaient en réalité les victimes des affaires en question- ou bien encore parce que la décision de non-lieu, de relaxe ou de classement sans suite n’a pas été inscrite dans leur fichier...

Lire la suite suite sur BugBrother.